La migration pour études à Ziguinchor : imaginaire(s) et réalité(s).
Abstract
Ce mémoire analyse le phénomène croissant des mobilités étudiantes vers l’Europe, en
particulier la France, à partir du contexte spécifique de l’Université Assane Seck de Ziguinchor
(UASZ). Cette recherche examine les représentations sociales, les dynamiques d'acteurs et les
restrictions structurelles qui sous-tendent ce projet migratoire. Cette étude, qui repose sur une
approche qualitative, se base sur des interviews semi-structurées réalisées avec des étudiants en
Licence et en Master à Ziguinchor ainsi qu'avec des migrants établis en France. Les conclusions
indiquent que la migration étudiante est autant une démarche éducative qu'une démarche
identitaire et sociale, influencée par des visions d'Eldorado et par des restrictions matérielles
significatives. L'examen révèle une disparité structurelle : d'un côté, les ambitions en matière
de succès académique, social et professionnel, stimulées par les témoignages, la presse et les
exemples de réussite des migrants de retour ; de l'autre côté, le contexte occidental caractérisé
par un coût de la vie élevé, la discrimination, l'isolement, les exigences familiales, les stratégies
d'adaptation et l'insécurité professionnelle. L'émigration pour études semble être un phénomène
à la fois complexe et ambivalent : elle représente une opportunité d'émancipation tout en étant
une source de désillusion. Ce paradoxe met en évidence le besoin de réformes structurelles dans
l'enseignement supérieur sénégalais pour diminuer les départs forcés (les conditions sociales et
académiques dégradantes, le manque de spécialité correspondant aux attentes des étudiants en
master etc.), tout en exploitant cette mobilité comme un outil de formation, d'acquisition de
compétences et de changement social.
